Emploi : les non-diplômés ont leur chance

Hubert Levesque - 01/12/2017
Emploi : les non-diplômés ont leur chance

Formation en interne et en e-learning permettent aux entreprises de former des collaborateurs en phase avec l'entreprise. Du coup, le diplôme est de moins en moins décisif lors de l'embauche, au profit des qualités intrinsèques du candidat.

La France, en matière d'emploi, a la réputation de privilégier les diplômes au-delà de tout autre considération. Observant ce qui se passe outre-Atlantique, où les entreprises fabriquent des leaders avec un recrutement beaucoup plus "ouvert" sur des profils variés, les entreprises hexagonales ne font plus du diplôme l'unique sésame. L'exemple de Xavier Niel, fondateur de Free et autodidacte, montre que le talent emprunte parfois les chemins de traverse.

"Compétences" plutôt que "connaissances" 

Si les grandes entreprises ouvrent massivement leurs portes aux Bac+5, les PME embauchent un quart de "sans-grades universitaires", privilégiant la personnalité, la motivation, le comportement et l'employabilité. La dernière partie du CV, traditionnellement consacrée aux "centres d'intérêts", serait ainsi observée de plus en plus prêt par les recruteurs. Preuve de cette évolution dans les mentalités : selon une étude menée par l’Observatoire de la formation, de l’emploi et des métiers (OFEM) de la CCI de Paris :

  • 44%* des entreprises jugent que le diplôme n'est plus l'unique critère de sélection des candidats
  • 27%* estiment que le poids du diplôme va baisser au profit de la certification professionnelle d'acquisition de compétences

 

Boom de l'auto-formation

A l'avenir, le poids du diplôme devrait continuer à décroître au profit du e-learning -via notamment les COOC (Corporate Online Open Courses) qui offrent des formations en ligne permettant au salarié d'une entreprise de s'auto-former facilement sur son écran - ou de la certification professionnelle. 25% des recruteurs pensent que l'auto-formation en ligne va se développer rapidement*. Avec le compte personnel de formation (CPF), récemment mis en place par le gouvernement, l'auto-formation devrait en effet avoir le vent en poupe. Et offrir aux entreprises des profils plus diversifiés, plus créatifs et moins formatés.

Les experts plus crédibles que les écoles

Autre tendance de fond révélée par l'étude OFEM : une formation par une “star” de son métier peut s'avérer plus valorisante que le diplôme d'une grande école. Ainsi :

  • 44%* des entreprises estiment qu'une formation certifiée par un grand chef étoilé aura la même valeur qu'un CAP restauration reconnu par l'Etat
  • 43%* sont d'accord sur le fait qu'une formation à l'informatique proposée et certifiée par un géant du domaine sera aussi recherchée qu'un diplôme d'ingénieur d'une grande école ou d'une université

 

Source

*Enquête Repenser l'équation Formation/Compétences/Compétitivité,  OFEM/CCI de Paris, mars 2015

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